Dans la presse…

Suite au communiqué de SDN-TREGOR concernant les bornes pour voitures électriques, un lecteur nous a interpellé. Voici notre réponse :

POUR SORTIR DU NUCLEAIRE ?…

REDUIRE NOS CONSOMMATIONS D’ENERGIE, DEVELOPPER LE RENOUVELABLE

Monsieur, suite à notre article qui invitait LTA à aller jusqu’au bout de sa démarche en alimentant les bornes pour voitures électriques à partir de l’électricité à 100 % d’origine renouvelable proposée par le fournisseur d’énergie Enercoop, vous nous invitez à aller jusqu’au bout de nos analyses et propositions et vous nous indiquez que vous partagez notre « point de vue qui consiste à abandonner la production électrique d’origine nucléaire » ; nous nous en réjouissons. Voici quelques éléments de réponse à vos interrogations.

Comment pallier l’arrêt d’une centrale nucléaire ?

Il s’agit tout d’abord d’investir massivement dans la diminution de nos besoins en énergie. La meilleure énergie est celle dont on n’a pas besoin. Or, sous la pression du lobby nucléaire, c’est tout l’inverse qui a été fait jusqu’à présent. Ainsi le programme de chauffage électrique qui caractérise la France a justement été initié pour éponger le surplus d’électricité d’un parc de centrales nucléaires sur-dimensionné. Dans d’autres pays, ce chauffage électrique est interdit depuis longtemps.

 Où trouver de nouveaux sites de production d’électricité ?

Il est certainement plus facile de trouver de nouveaux sites pour produire de l’électricité d’origine renouvelable que pour installer une nouvelle centrale nucléaire ; souvenons-nous de Plogoff… EDF a par contre dans ses cartons un doublement de la capacité hydroélectrique française de l’ordre de 200 Gwh. De leur côté, l‘éolien off-shore, les hydroliennes, peuvent encore largement se développer. Il en va de même pour le photovoltaïque : toutes ces toitures de bâtiments industriels et commerciaux ne demandent qu’à être couvertes de panneaux solaires, pour peu que la législation française le permette plus aisément. L’Allemagne, au potentiel solaire plus faible que la France est d’ailleurs loin devant nous en terme d’équipements.

 Comment gérer l’intermittence du renouvelable ?

Contrairement à ce que l’on pense, des solutions existent déjà, que ce soit en terme de stockage ou d’interconnexion. En France, un potentiel de 100 Gwh de stockage est déjà opérationnel. Une technique éprouvée : celle du stockage par remontée d’eau. L’Institut Négawatt, l’un des spécialistes de la question, détaille également une piste prometteuse : celle du stockage par « méthanation ». Et c’est en Allemagne que se trouvent déjà les usines pilotes basées sur cette nouvelle technologie.

Concernant l’interconnexion qui permet d’ajuster l’offre à la demande, rappelons les travaux du fameux Jérémy Rifkin. Il parle carrément d’une 3ème révolution industrielle, caractérisée par des productions d’énergie décentralisées, issues uniquement du renouvelable et interconnectées par un réseau intelligent, à l’image du réseau Internet, permettant de gérer en temps réel toutes ces ressources.

 Quel est l’impact du renouvelable sur les paysages ?

Il est vrai que les éoliennes ont un impact sur les paysages, mais sans doute moins que les très nombreuses lignes à Très Haute Tension qui s’échappent des centrales nucléaires pour parcourir des centaines de kilomètres à travers la France. Le photovoltaïque, les hydroliennes, le bois énergie, etc… ne sont guère concernés par ces problèmes.

 Peut-on imaginer un monde sans électricité ?

Bien sûr que non. Mais il s’agit bien de réserver l’électricité aux usages incontournables que vous citez à juste titre ; trains, hôpitaux, etc… Mais pas au chauffage, car le procédé est aberrant : on fait de la chaleur pour produire de l’électricité que l’on retransforme en chaleur : les pertes et le gaspillage d’énergie sont considérables…

 Quel est le véritable prix du nucléaire ?

Comme vous le savez, le prix de l’électricité française est largement sous-estimé. Ceci s’explique par le fait que l’on minimise volontairement les coûts du nucléaire : sous estimation du coût de la gestion des déchets sur des milliers d’années, sous estimation du coût du démantèlement des centrales ; ainsi, le démantèlement de la centrale de Brennilis a déjà coûté 1/2 milliard d’euros, soit 20 fois plus que ce qui avait été annoncé et les travaux sont encore loin d’être terminés… En fait, il s’agit d’une véritable dette pour les générations futures ; une dette en plus d’un sordide casse tête, car personne ne sait vraiment comment s’y prendre. Cela fait maintenant plus de 50 ans de recherches vaines dans le domaine de la gestion des déchets nucléaires et aucune solution n’étant satisfaisante, on s’apprête à enfouir, autrement dit, à cacher, ces déchets dont certains ont une durée de vie de plus de 20 000 ans..

 Comment ne pas devenir un pays sous-développé ?

Pour ne pas devenir un pays sous-développé, il faut absolument s’affranchir de sources d’énergie comme le nucléaire en raison de leur dangerosité, de leur coût et de leur totale dépendance par rapport à l’étranger ; la France importe 100 % de l’uranium nécessaire à ses centrales. De plus, ces centrales impactent fortement un élément indispensable à notre développement et à la vie tout court : notre ressource en eau. On ne le dit que très rarement, mais plus de 60 % des prélèvements d’eau déclarés aux agences de l’eau en France métropolitaine sont consacrés au refroidissement des centrales thermiques et nucléaires ! Alors, pour en finir avec ce gâchis, pas d’autre alternative aujourd’hui que de tendre vers la sobriété et l’efficacité énergétiques, ce qui n’a rien à voir avec le sous-développement.

Ni nucléaire, ni retour à la bougie.

A cours d’arguments face aux justes critiques des antinucléaires, le lobby du nucléaire finit toujours par la traditionnelle menace du « retour à la bougie »… Et pourtant les faits sont là : le nucléaire, qui ne représente pourtant que 5 % de la consommation d’énergie dans le monde, constitue déjà une véritable épée de Damoclès pour l’humanité. Or, de nombreux chercheurs indépendants, comme ceux de l’Institut Négawatt et de Greenpeace, démontrent qu’une autre politique énergétique est possible ; une politique qui fait non seulement appel à une évolution de nos comportements, mais aussi aux technologies les plus sophistiquées qui n’ont pas grand chose à voir avec cette vénérable bougie.

Oui, la question de l’énergie est d’une importance capitale.

Nous sommes bien d’accord Monsieur, la question de l’énergie est une question si importante qu’on ne comprend toujours pas au nom de quoi, pendant des décennies, on a privé l’ensemble des français d’un véritable débat sur l’engagement ou non de notre pays dans la folie nucléaire. Et nous nous retrouvons aujourd’hui à devoir affronter deux menaces : la menace permanente de l’accident nucléaire et la menace montante du dérèglement climatique. Et pour y faire face, une seule et même recette : un puissant engagement de notre pays dans la réduction de nos consommations d’énergie ainsi que dans le développement des énergies renouvelables. Oui, ce sujet est d’une importance capitale ; c’est pourquoi nous vous invitons à nous rencontrer pour poursuivre ensemble ce nécessaire dialogue.

 Sortir du Nucléaire – Trégor

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