Voiture Electrique, une électricité toujours à 75% d’origine nucléaire…

Action symbolique ce samedi après-midi à la borne de recharge de voitures électriques du parking des Ursulines de Lannion sur le thème : « Voiture électrique, de nombreuses interrogations et… une électricité toujours à 75 % d’origine nucléaire… » Les militants de SDN-TREGOR ont complété la signalétique de cette borne électrique avec un panonceau indiquant : « Electricité à 75% d’origine nucléaire ; émission de déchets radioactifs pendant des milliers d’années ».

La pose du panonceau "Electricité à 75% d'origine nucléaire. Emission de déchets radioactifs durant des milliers d'années"

La pose du panonceau « Électricité à 75% d’origine nucléaire. Émission de déchets radioactifs durant des milliers d’années »

L’intervention orale durant cette action :

« La manière dont a été orchestré le récent plan de soutien à la voiture électrique ne peut qu’interroger Sortir du Nucléaire Trégor. N’a-t-on pas vu les mois derniers, des ministres au volant de ces véhicules, pour en faire la promotion et, tels de véritables VRP de l’industrie automobile, en parler comme s’il s’agissait de LA solution à nos modes de transports futurs…
Or, s’il est indéniable que la voiture électrique peut contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air dans le centre des grandes villes, tout comme le transport en commun d’ailleurs, ou la pratique du vélo, cela ne doit pas nous faire oublier que la voiture électrique a aussi ses propres limites et ses effets pervers.

Si tous les constructeurs se gargarisaient, il y a encore peu de temps, des qualificatifs de « voiture propre » ou « voiture zéro émission », force est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Menacés de condamnation pour publicité mensongère par l’Observatoire du Nucléaire, les industriels ont fini par renoncer à ces arguments commerciaux reconnaissant ainsi qu’il s’agissait d’arguments mensongers.
Les voitures électriques émettent bien des déchets ; ce sont les déchets nucléaires à vie longue mais aussi des gaz à Effet de Serre comme le CO2. Ce CO2 est principalement émis lors de la construction des véhicules qui, en raison notamment de l’extraction du lithium et de la fabrication des batteries, demande plus d’énergie qu’un véhicule classique.
C’est ainsi que la très officielle ADEME a calculé qu’un véhicule électrique neuf a produit plus de CO2 qu’un véhicule classique à sa sortie d’usine. Ce n’est qu’au bout de 50 000 km que le véhicule thermique commence à produire plus de CO2.
Or aujourd’hui, les véhicules électriques sont surtout utilisés en zone urbaine,  sur courtes distances ; il leur faudra donc plus de temps qu’un véhicule thermique pour atteindre ce seuil des 50 000 km…
Chaque année, à l’arrivée de l’hiver, les pouvoirs publics tentent de sensibiliser les citoyens à la nécessité de ne pas gaspiller l’électricité ; nous connaissons tous la fameuse phrase : « Éteignez la lumière en sortant d’une pièce. » Et ceci nous est particulièrement rappelé lors de ces fameux pics de consommation durant les périodes de grand froid.
Or, qu’en sera-t-il demain, si le nombre de voitures électriques devait exploser ?
En hiver, en fin de journée, au moment où la demande en électricité est la plus forte, chacun voudra, au même moment, faire le plein de ses batteries sollicitant alors de manière inconsidérée le réseau électrique.
Pour faire face à cette forte demande, il nous faudra alors avoir recours, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, mais en bien plus grande quantité encore, à des centrales électriques fonctionnant au gaz et au fuel ainsi qu’aux centrales au charbon de nos voisins allemands pour fabriquer l’électricité de nos voitures.
Selon le cas, notre voiture électrique passera alors du statut de voiture nucléaire à celui de voiture au fuel voire, de voiture au charbon… mais en aucun cas, de « voiture zéro émission ».
Il est donc légitime de s’interroger sur le bien fondé de cet engouement pour la voiture électrique et sur les sommes considérables que l’on est subitement prêt à lui accorder. Sachant notamment que l’objectif annoncé est de seulement 5 % du parc automobile en voitures électriques d’ici 2020…
Selon l’Observatoire du Nucléaire, rien que pour l’installation des bornes électriques, il faudra compter plusieurs milliards d’euros d’argent public auxquels il faudra rajouter les autres aides publiques comme la prime de 10 000 € pour chaque acheteur d’un véhicule électrique neuf.
On peut alors se demander si cela ne risque pas de se faire au détriment des autres alternatives écologiques en matière de lutte contre le réchauffement climatique ?…
Alors, en s’interrogeant sur les raisons d’un tel soutien à la voiture électrique, on peut également se demander s’il ne s’agit pas aussi d’une opération de soutien à l’industrie nucléaire, industrie que l’on sait en déclin depuis plusieurs années.
De la même façon que dans les années 70 on a incité les français à s’équiper massivement en chauffage électrique, ce qui fut un cas unique au niveau mondial, et ceci dans le seul but de justifier l’installation de centrales nucléaires ; ne nous dira-t-on pas demain qu’il nous faut toujours des centrales nucléaires pour faire rouler nos chères voitures électriques ?…
Et ainsi la promesse présidentielle de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité ne sera-t-elle pas atteinte sans fermer la moindre centrale nucléaire mais en augmentant tout simplement la production globale d’électricité ?…

Alors, pour SDN-TREGOR, il est donc bien légitime de se demander si la politique de soutien à la voiture électrique ne va pas un peu vite en besogne, et si on ne fait pas aujourd’hui la part trop belle à cette technologie source encore de nombreuses interrogations.
Interrogations qui seraient sans doute moins fortes, si au moins les bornes de recharge étaient alimentées par une électricité d’origine renouvelable…

C’est pourquoi, SDN-TREGOR, qui se veut résolument constructif, réitère la proposition qu’il avait faite à LTC il y a déjà un an, à savoir : souscrire pour la Communauté d’Agglomération un abonnement auprès d’un fournisseur d’électricité 100 % d’origine renouvelable.
Un tel engagement serait sans nul doute positif à 100 %; il s’agirait là d’une mesure vraiment efficace pour lutter à la fois contre le dérèglement climatique et contre la menace nucléaire.
Et tant qu’à faire, pourquoi pas un contrat avec la société coopérative ENERCOOP qui a par ailleurs le mérite de relever de l’Économie Sociale et Solidaire ?
Voilà un engagement incontestablement écologique, et qui plus est, à dimension sociale…

Alors, en attendant…

Eh bien en attendant cette électricité Verte à 100 %, SDN-TREGOR ne pourra que poursuivre sa « mission d’information » auprès des usagers des fameuses bornes électriques, en assurant la « traçabilité » de l’électricité qui leur est fournie et en leur rappelant donc qu’à ce jour, qu’on le veuille ou non, l’électricité provenant de ces bornes est hélas à 75% d’origine nucléaire et génère donc bien des déchets, à savoir, de dangereux déchets radioactifs dont on ne sait toujours que faire… »

SORTIR DU NUCLEAIRE – TREGOR

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