La CRIIRAD dans la presse locale

Uranium en Trégor : les antinucléaires insistent
Ouest-France Lannion – 20 Mai Léa DALL’AGLIO

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Mercredi 20 mai, une vingtaine de personnes ont pu mesurer le taux de radioactivité sur le site de Traou ar Ru, dans le cadre d’un stage proposé par Sortir du nucléaire Trégor.


En 2014, Sortir du nucléaire avait révélé d’importants taux de radioactivité dans trois sites trégorrois. Un an plus tard, l’association demande encore réparation à Areva.
Mercredi 20 mai, à Traou ar Ru, dans le quartier lannionnais de Buhulien, les compteurs Geiger de l’association Sortir du nucléaire sonnent l’alarme : ces outils de mesure sont programmés pour signaler tout taux qui dépasserait trois fois le seuil normal de radioactivité (appelé « bruit de fond »), limite à partir de laquelle les radiations deviendraient dangereuses.
Ce site aurait été, il y a une cinquantaine d’années, « exploré » par Cogema (anciennement Areva), et aurait subi des travaux miniers souterrains : un puits de 24 mètres de profondeur ainsi que des tranchées, qui ne sont plus visibles aujourd’hui, auraient été creusés.
Alertée, l’association a demandé à l’entreprise d’énergie de réaliser un bilan environnemental et des mesures d’uranium dans l’eau et les sédiments. Publié en juillet dernier, ce rapport « est plein de lacunes », selon Gaëlle Vidal, militante de l’organisme. Des mesures d’eau n’ont pas été effectuées, ou alors dans des zones où l’eau contaminée a facilement pu être diluée par l’eau de pluie », assure-t-elle.
Depuis ses premières inspections, l’entreprise d’énergie s’est engagée à « surveiller » les sites et à effectuer de nouveaux prélèvements. Deux réunions ont déjà eu lieu en préfecture, et Sortir du nucléaire n’a jamais cessé d’envoyer des courriers. « En insistant, nous voulons au moins faire en sorte que les sites qui dépassent le seuil de trois fois le bruit de fond soient classés », déclare Gaëlle Vidal. Autrement dit, qu’ils soient cartographiés et reconnus comme potentiellement dangereux.
« Aujourd’hui, pour Areva, cette radioactivité ne pose pas de problème à l’extérieur. L’entreprise considère que le taux n’est pas suffisant pour effectuer des travaux. Notre combat prend du temps, mais il a quand même l’air de faire son chemin », conclut la militante.

Radioactivité. Le compteur Geiger s’affole à Lannion !

LE TELEGRAMME – Eric RANNOU
Les compteurs Geiger donnent de la voix. Dans la campagne de Buhulien, la radioactivité n’est pas qu’une vue de l’esprit.
Elle se mesure aussi. Hier après-midi, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) y a animé un stage.
Posé sur un carreau de céramique, le compteur Geiger s’affole. L’objet soigneusement emballé dans un sac plastique, affiche une radioactivité bien supérieure à ce qui est acceptable. « Les artisans émailleurs ne savaient pas. Ce sont des victimes », explique Roland Desbordes, le président de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité). C’est le pigment utilisé pour la peinture du carreau de céramique qui pose problème. Il était fabriqué à partir de déchets radioactifs vendus par Aréva à « un intermédiaire » peu scrupuleux, qui vendait cette matière aux artisans de Limoges sans les prévenir. « Cette histoire a fait scandale à l’époque quand elle a été découverte ».
Ne pas contaminer l’appareil Dans la salle Le Faucheur, derrière la mairie annexe de Buhulien, Roland Desbordes distribue des compteurs Geiger aux stagiaires d’un jour,
qui viennent d’associations de toute la Bretagne. Ils peuvent ainsi les tester pour de vrai. Proposé par Sortir du nucléaire Trégor, ce stage avait pour ambition « de mieux comprendre les mécanismes de la radioactivité naturelle et artificielle ». Avant de partir sur le terrain, Roland Desbordes rappelle quelques règles à respecter : « Il faut faire attention de ne pas contaminer l’appareil. Il faut le protéger dans un emballage.
Quand vous rentrez chez vous, il faut penser à enlever la boue contaminée de vos chaussures ». L’association Sortir du nucléaire Trégor n’a pas choisi le site de Buhulien par hasard. Dans la campagne de cette commune, une mine d’uranium a été exploitée de 1957 à 1961 à Traou ar Ru : 1,4 tonne d’uranium y a été extraite pour un tonnage de 456 tonnes de minerai. Remblayé en 1961 par le propriétaire du terrain, l’ancien puits a disparu du regard. Il a été remplacé par un champ de maïs. C’est aux abords de ce terrain que le stage s’est poursuivi en plein air. Longeant ce champ, une ancienne voie publique a été envahie par des orties et des ronces. Roland Desbordes y pose con compteur Geiger. Bingo !
L’appareil émet un bruit strident. Des stériles (résidus miniers) se trouveraient-ils sous ses pieds ? Le président de la Criirad ne peut le dire. Il y a pourtant quelque chose d’anormal.
Et l’arsenic ?
Après avoir crapahuté plus de 800 m par un chemin de randonnée, le groupe s’arrête devant un écoulement d’eau à la couleur douteuse : marron clair. Il débouche sur une zone humide s’étendant vers les cours d’eau du Léguer. Les compteurs Geiger se mettent à hurler comme des sirènes. Inspecté à plusieurs reprises, ce site a fait l’objet d’analyses. Un fort taux de radon et de radium y a été trouvé. L’association Sortir du nucléaire Trégor aimerait bien connaître le taux d’arsenic qui se trouve dans ces eaux. Le bilan  environnemental dressé par Aréva et rendu public l’année dernière n’a pas répondu aux nombreuses interrogations de l’association lannionnaise. Aréva ne s’est intéressée qu’à cinq
anciennes mines d’uranium dans les Côtes-d’Armor. Il en existerait une cinquantaine. Ce bilan serait « truffé de lacunes ». Aréva aurait fait l’impasse sur certaines analyses demandées et n’aurait pas sondé l’intégralité des terrains. Leur copie serait à revoir pour l’association Sortir du nucléaire Trégor. Après la visite sur le terrain, cette journée s’est terminée, hier soir, par une conférence publique au centre Savidan.

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