Action 600 000 PASTILLES D’IODE

Ils ont bravé le vent et la pluie, ce samedi 13 février 2016, pour interpeller à nouveau, le Préfet des Côtes d’Armor au sujet du plan ORSEC-IODE. Ils en ont profité pour dénoncer la vente de 6 réacteurs EPR à l’Inde qui prévoit d’installer ces nouvelles centrales nucléaires dans une zone sismique…

Carton Rouge Monsieur le Préfet !

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Mais où sont donc nos 600 000 comprimés d’iode ? .

Voir, ci-après, la lettre ouverte à Monsieur le Préfet des Côtes-d’Armor :

Monsieur Le Préfet des Côtes-d’Armor,

le 20 octobre 2013, au nom de l’association Sortir du Nucléaire Trégor, nous vous adressions une 1re lettre ouverte. Nous venions alors d’apprendre que, pas très loin de chez nous, votre homologue, le Préfet d’Ille-et-Vilaine, avait profité de la rentrée scolaire pour adresser à l’ensemble des parents d’élèves internes ou demi pensionnaires de son département, un document concernant les risques liés à un accident nucléaire. Dans ce document, il était clairement demandé aux parents d’élèves de donner leur autorisation pour que puissent être administrés à leurs enfants, en temps voulu, des comprimés d’iode en cas de contamination radioactive.
600 000 COMPRIMÉS D’IODE
Nous vous demandions alors, « Mais où donc, Monsieur le Préfet, avez-vous rangé les 600 000 comprimés d’iode que le Ministère vous demande de distribuer aux costarmoricains en cas d’accident nucléaire ?… Pourquoi les parents d’élèves d’Ille-et-Vilaine auraient-ils droit à une information officielle et pas ceux des Côtes-d’Armor ? »

A ce jour, nous n’avons hélas toujours pas reçu de réponse à notre 1er courrier. Alors, sans nous décourager, nous reprenons la plume pour vous adresser cette 2eme lettre ouverte.

C’est que, comme vous le savez Monsieur Le Préfet, de graves événements sont intervenus depuis ce mois d’octobre 2013. Les attentats de 2015 ont cruellement frappé notre population. Et les militants antinucléaires que nous sommes se sont alors souvenu que, parmi les risques engendrés par le nucléaire et que nous ne cessons de dénoncer, il y a certes le risque lié aux accidents, mais il y a aussi, le risque lié au terrorisme.
Ces dernières semaines, dans le cadre du Plan Vigipirate, collèges et lycées ont d’ailleurs dû procéder à des exercices dits de « confinement » pour simuler une attaque terroriste de nature chimique ou radioactive. La question a alors été posée à certains chefs d’établissement de savoir comment seraient distribuées les fameuses pastilles d’iode qui sont sous votre responsabilité. Ces Chefs d’établissement ont été incapables de nous répondre ; ils n’avaient en fait jamais entendu parler de cette distribution réglementaire de pastilles d’iode.

Ce n’est pas, Monsieur Le Préfet, que nous pensons être à l’abri de tous risques grâce à l’absorption de ces fameux comprimés ; certes ils pourront protéger notre thyroïde, mais ils ne protégeront pas les autres organes du corps humain : ils ne protégeront ni les poumons, ni le foie, ni les os, ni les yeux …
Mais puisque ce dispositif de distribution de pastilles d’iode existe officiellement dans le cadre du plan national ORSEC-IODE, que l’on se donne au moins la peine de faire en sorte qu’il puisse être appliqué en cas de contamination radioactive.

C’est pourquoi nous devons vous avouer Monsieur Le Préfet, notre incompréhension quant au fait que nous n’ayons toujours pas reçu de réponse, près de deux ans et demi après vous avoir posé cette fameuse question « Mais où sont nos 600 000 pastilles d’iode ? ».

Les mauvaises langues diront qu’il s’agit sans doute d’un silence gêné de votre part. Qu’il vous est en effet difficile d’évoquer ce fameux Plan ORSEC-IODE car, le simple fait d’en parler revient à reconnaître de facto que, oui, même en France, un accident nucléaire est tout à fait possible. Or, pendant des décennies, le discours unique des administrations, du lobby de l’atome et des gouvernements successifs, a en effet consisté à nier ce risque nucléaire. Ceci bien sûr, de crainte d’affoler les populations qui auraient alors pu exprimer leur refus de cette énergie mortifère qu’est l’énergie nucléaire. Oui, pendant de trop nombreuses années, le discours a toujours été le même : « Le risque nucléaire n’existe pas, dormez tranquilles braves gens, l’État et EDF veillent sur vous… »
30 ANS APRÈS TCHERNOBYL, 5 ANS APRÈS FUKUSHIMA

Mais plus personne aujourd’hui n’ose prétendre que ce risque n’existe pas ; plus personne n’ose prétendre qu’un accident ou un acte terroriste ne peut pas arriver dans nos installations nucléaires. Nous savons tous aujourd’hui, très précisément 30 ans après la catastrophe de Tchernobyl, très précisément, cinq ans après la catastrophe de Fukushima, qu’à tout moment, sur nos sites nucléaires, un accident peut arriver.
UNE ÉLECTRICITÉ 100 % RENOUVELABLE

Et pour nous, militants antinucléaires, ceci est d’autant plus intolérable, Monsieur Le Préfet que ce risque n’a jamais été justifié. Depuis des décennies nous n’avons eu de cesse de rappeler que nous pouvions très bien nous passer du nucléaire, que le choix politique de cette énergie n’était en rien une fatalité, contrairement à ce que l’on a toujours voulu nous faire croire. Aujourd’hui, n’est-ce pas l’ADEME elle même, l’ADEME, qui est un Établissement Public, qui reconnaît très clairement que oui, une électricité 100 % Renouvelable en France, c’est tout à fait possible…. Que de temps perdu Monsieur Le Préfet… Que de risques créés inutilement, Monsieur Le Préfet…
SIX RÉACTEURS EPR EN PLEINE ZONE SISMIQUE

Alors, comprenez notre consternation, comprenez notre colère Monsieur le Préfet, quand par ailleurs nous apprenons, qu’à l’occasion de son récent voyage en Inde, le Président de la République s’est félicité d’avoir signé un accord permettant la vente par la France de 6 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR à ce pays avec pour objectif de créer la plus puissante centrale atomique du monde, d’une capacité de 9 900 MW.. Pour nous, il ne s’agit ni plus ni moins, que d’une véritable et coupable opération de dissémination nucléaire.
Et cette décision est d’autant plus inqualifiable que la construction de ces réacteurs nucléaires est prévue dans une zone sismique de niveau 4, considérée comme à «hauts risques». Un tremblement de terre de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter a d’ailleurs déjà eu lieu dans cette région de l’Inde en 1967.
Alors aujourd’hui, Monsieur Le Préfet, nous avons une pensée toute particulière pour notre ami indien Pradeep INDULKAR que Sortir du Nucléaire Trégor avait eu l’honneur d’inviter à Lannion en 2014. Pradeep INDULKAR était venu nous présenter son long et difficile combat contre le nucléaire en Inde. Avec lui nous avions alors pu reprendre son fameux slogan « AREVA dégage, laisse vivre les Indiens… »

Quand donc Monsieur le Préfet, saurons-nous dire STOP à cette folie nucléaire ? Combien de temps encore nous faudra-t-il nous battre pour rappeler à nos dirigeants que la meilleure protection contre le risque nucléaire, c’est la sortie du nucléaire elle-même ?

C’est en tous cas le message que Sortir du Nucléaire Trégor ne cessera de faire entendre. Et c’est pourquoi dès aujourd’hui nous invitons toutes les Trégorroises et tous les Trégorrois à réserver leur week end du 1er et 2 Octobre 2016 pour participer au prochain grand rassemblement antinucléaire qui aura lieu à FLAMANVILLE en Normandie ; à Flamanville, là où, à coup de milliards on tente de nous imposer une nouvelle centrale nucléaire de type EPR.
Dans l’attente de votre réponse, recevez Monsieur le Préfet,
l’expression de nos sincères salutations antinucléaires,

SDN-TREGOR

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