30 ans de Tchernobyl : Jeudi prochain aux Baladins

Dans Le Télégramme de lundi 25 Avril :

Présentation de l'affiche de la SUPPLICATION

Présentation de l’affiche de la SUPPLICATION – Photo Le Télégramme

« La supplication », docufiction remémorant la catastrophe de Tchernobyl, sera projeté, jeudi, au cinéma Les Baladins. Une séance suivie d’un débat avec deux militantes antinucléaire russes.

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explose. Quelques jours après, Natalia Manzourova, biologiste russe spécialisée en radioprotection, est envoyée sur place pour « évaluer l’impact des retombées radioactives », raconte Laurent Lintanf, le porte-parole de Sortir du nucléaire (SDN)-Trégor. Natalia Manzourova fait partie des « liquidateurs », comme on appelle ces 600.000 et quelques hommes et femmes, qui sont intervenus sur la centrale en feu. Selon les chiffres donnés par SDN, 60.000 liquidateurs sont morts des suites de contaminations, 200.000 sont tombés malades. Trente ans après cette catastrophe, cinq ans après celle de Fukushima, Natalia Manzourova n’a de cesse de témoigner de ce qu’elle a vécu et vu. Une raison de vivre : « Si nous nous taisons, nous les survivants de la catastrophe de Tchernobyl, si tous ceux qui comprennent les dangers de cette course nucléaire insensée se taisent, alors, notre planète peut se transformer bientôt en une énorme zone radioactive, une zone sans vie ».

Témoignage de militantes antinucléaire russes : À l’invitation de Sortir du nucléaire-Trégor et d’Énercoop, « fournisseur d’électricité 100 % renouvelable », Natalia Manzourova va réaliser un tour de Bretagne en compagnie d’une autre militante antinucléaire russe, Nadedja Kutepova. À la tête de l’organisation non gouvernementale « Planète de l’espoir », cette dernière se bat depuis quinze ans « pour faire reconnaître les victimes de contamination radioactive dans l’Oural, autour de l’usine de Maïak ». Un complexe militaire, théâtre d’un très grave accident nucléaire en 1957. « C’est en raison de ce combat que Nadedja Kutepova est menacée en Russie et qu’elle vient d’obtenir le statut de réfugiée politique en France », assure Laurent Lintanf.

Les deux femmes seront à Lannion jeudi. Leur venue coïncide avec l’unique projection aux Baladins, de « La supplication », film du luxembourgeois Pol Cruchten, sorti en 2015. Ce docufiction, sous-titré « Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse », est tiré du livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015. En 1996, l’auteure avait recueilli « les témoignages des gens vivant aux alentours de la centrale », développe Laurent Lintanf. Ces gens « disent leur colère contre le pouvoir qui cacha la vérité, leur déterrée face à leur terre dévastée et leurs angoisses de voir leurs enfants sacrifiés ».

Pratique « La supplication », jeudi à 20 h 30 aux Baladins, à Lannion. Projection suivie d’un débat. Entrée : de 6,5 € à 7,8 €. Réservation au cinéma ou par internet (www.les-baladins.com)

© Le Télégramme

 

Publicités
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.