Armes nucléaires. SDN veut un référendum © Le Télégramme

Devant la permanence de la Députée

Annie poste la lettre à MME ERHEL notre Députée

Lundi, alors que s’ouvrait au siège de l’ONU à New York, une conférence internationale portant sur l’interdiction des armes nucléaires, le groupe Sortir du Nucléaire-Trégor a manifesté sur la place du Marchallac’h, à Lannion. L’occasion d’exprimer son incompréhension face à la décision de la France, comme d’autres puissances nucléaires, de ne pas participer à ces négociations.

Corinne Erhel invitée à se prononcer

Une trentaine de militants se sont rassemblés devant la grille de la permanence de Corinne Erhel, à qui ils ont ensuite posté une lettre. Objectif : inviter la députée de Lannion à rejoindre « ces lucides 121 parlementaires français qui ont su s’engager pour un monde enfin délivré de la menace nucléaire ». Dans son allocution, Laurent Lintanf, le porte-parole de SDN-Trégor, a salué la démarche de ces parlementaires qui ont signé une proposition de loi en faveur de l’organisation d’un référendum sur la question. « Pour être transmise au Conseil constitutionnel, puis recevoir (…) le soutien de 10 % des électeurs inscrits, la proposition de loi doit avoir été signée par au moins 185 députés ou sénateurs, c’est-à-dire 1/5e du Parlement », a précisé Laurent Lintanf, en invitant les candidats à l’élection présidentielle et aux législatives à se prononcer sur ce projet de référendum.

La manifestation s’est achevée devant le monument aux morts, par une minute de silence, « en hommage aux victimes d’Hiroshima et de Nagazaki », les deux villes japonaises détruites par les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945, ainsi qu’à « toutes les victimes des essais nucléaires ».

© Le Télégramme

Le texte intégral de notre PRISE DE PAROLE lors de notre action :

Aujourd’hui, Lundi 27 mars 2017, une conférence internationale chargée de rédiger un traité d’interdiction des armes nucléaires s’ouvre à New York. Cette conférence internationale a été décidée à l’Assemblée générale de l’ONU le 23 décembre 2016 lors d’un vote historique.

113 pays ont voté pour, 35 ont voté contre -dont la France – et 11 se sont abstenus. La Chine, l’Inde, le Pakistan, tous trois dotés d’armes nucléaires, se sont abstenus, ce qui laisse espérer qu’ils participeront à la conférence. D’autant que le président chinois Xi Jin Ping a déclaré le 18 janvier 2017 : « Les armes nucléaires devraient être totalement interdites et détruites afin de construire un monde sans armes nucléaires ».

Aujourd’hui, contrairement aux armes chimiques et bactériologiques, l’arme nucléaire est la seule arme de destruction massive qui n’est pas officiellement interdite.

Tous les États, dotés ou non d’armes nucléaires, sont invités à cette conférence, ainsi que des représentants de la société civile : des ONG et des experts. Cette situation est historique ; c’est du jamais vu, depuis 1945, c’est à dire depuis Hiroshima et Nagasaki.

Alors, honte à la France qui refuse de s’engager dans cette démarche de paix et d’espoir. Honte à la France qui ne veut pas interdire les armes nucléaires, tout simplement parce qu’elle veut conserver ses propres bombes atomiques.

La France doit participer à leur abolition. Mais, bafouant l’article 6 du Traité de Non-Prolifération qu’elle a signé, bafouant les droits de l’Homme dont elle se réclame, et bafouant sa propre constitution, la France refuse de participer aux négociations convoquées par l’ONU à New York, ce lundi 27 mars 2017, pour interdire ces armes.

Parmi les 35 pays hostiles à l’interdiction des armes nucléaires, on compte 5 États qui sont déjà dotés de ces armes. Quatre d’entre eux possèdent officiellement l’arme nucléaire ; ce sont les États-Unis de Donald Trump, la Russie de Vladimir Poutine, la Grande Bretagne de Theresa May et la France de François Hollande. Un Etat la possède de manière officieuse, c’est l’Etat d’Israël de Benyamin Netanhyaou.

Mais les armes des États nucléaires menacent les peuples du monde entier, y compris leur propre population qui n’a pourtant jamais été consultée sur le sujet. C’est le cas en France, où sévit l’omerta nucléaire.

C’est ainsi qu’en pleine période électorale, aucun « présidentiable » ne parle de ces négociations, et force est de constater que la presse et les médias n’en parlent guère non plus.

Pourtant, rien qu’en France, plus de 300 milliards d’euros ont déjà été dépensés et continuent de l’être à nos frais, pour fabriquer, entretenir et moderniser ces armes de suicide collectif. C’est un scandale absolu.

En effet, chaque année, la France dépense 4 milliards d’euros pour cette arme nucléaire et prévoit même une augmentation qui nous ferait passer à 6 milliards d’euros annuels pour une arme de destruction massive, de massacre, de crime contre l’humanité. Une arme totalement inopérante pour lutter contre le terrorisme et qui emprunte d’ailleurs au terrorisme le même mépris pour la vie humaine. Ne parle-t-on pas d’ailleurs de « terreur nucléaire » ?…

Oui, cette arme nucléaire menace d’anéantir des millions de personnes, d’anéantir des populations entières, et l’humanité elle-même, car une guerre nucléaire rendrait la terre invivable.

Heureusement pour l’image de la France, aujourd’hui, 121 parlementaires français veulent au contraire que la France participe à ce projet d’abolition des armes nucléaires. Pour cela, ils ont signé un Appel et une Proposition de Loi organisant un référendum sur la question suivante :

« Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Et il est intéressant de noter, que d’après un sondage de l’IFOP, à cette question, 3 Français sur 4 répondent OUI.

Mais pour être transmise au Conseil constitutionnel puis recevoir, en 9 mois et par voie électronique, le soutien de 10 % des électeurs inscrits, la Proposition de Loi doit avoir été signée par au moins 185 députés ou sénateurs, c’est à dire 1/5 du Parlement.

Sortir du nucléaire – Trégor invite les candidats à l’élection Présidentielle et les candidats aux Législatives à se prononcer sur ce projet de référendum et appelle les trégorrois qui ne veulent plus vivre sous la menace permanente d’une autodestruction de l’humanité, qui ne veulent plus financer la préparation de crimes contre l’humanité, à s’adresser au plus grand nombre possible de députés et sénateurs, dans leur département ou ailleurs, pour leur demander de signer au plus vite, s’ils ne l’ont pas déjà fait, la Proposition de Loi organisant ce référendum.

C’est capital, c’est possible, c’est urgent.

Oui c’est urgent car les signatures de parlementaires qui manquent doivent être réunies avant la fin de la législature.

C’est pourquoi, dès aujourd’hui, en ce 1er jour de la conférence internationale pour l’élimination et la destruction des armes nucléaires, nous allons solennellement poster une lettre à notre Députée MME ERHEL qui ne fait pas encore partie de ces lucides 121 parlementaires français qui ont su s’engager pour un monde enfin délivré de la menace nucléaire.

AU MONUMENT AUX MORTS :

Il n’est pas possible de parler du combat pour l’interdiction et l’élimination des armes nucléaires sans avoir une pensée pour toutes celles et toux ceux qui en ont déjà été victimes.

Et bien entendu, spontanément notre esprit se tourne vers les victimes de HIROSHIMA et NAGASAKI.

Les destructions de HIROSHIMA et NAGASAKI, contrairement à ce que l’on entend bien souvent, n’étaient pas indispensables pour aboutir à la paix avec le Japon. C’est l’entrée en guerre de l’URSS qui a été l’élément décisif à la capitulation du Japon.

HIROSHIMA et NAGASAKI ont avant tout été utilisées par les Etats Unis pour marquer leur suprématie mondiale et pour tester les deux types de bombes atomiques qu’ils venaient de mettre au point : Bombe à l’uranium pour HIROSHIMA, Bombe au plutonium pour NAGASAKI.

HIROSHIMA 6 août 1945 : le musée du mémorial pour la paix d’Hiroshima avance le chiffre de 140 000 morts, pour la seule ville d’Hiroshima. Selon l’historien Howard Zinn, le nombre de victimes atteint serait de 250 000 personnes. À ceci, s’ajoutent les décès causés ultérieurement par les cancers et pathologies diverses engendrées par les radiations.

NAGASAKI 9 août 1945 : 80 000 habitants sont instantanément tués, des milliers d’autres périront par la suite.

Mais n’oublions pas non plus les autres victimes du nucléaire militaire que sont les victimes des essais nucléaires. Et la France est ici directement concernée. Ces victimes des essais nucléaires français se battent toujours pour être officiellement reconnues et indemnisées.

C’est pourquoi, de manière symbolique, devant ce monument aux Morts, nous allons respecter une minute de silence en hommage aux victimes de HIROSHIMA et de NAGASAKI mais aussi de toutes les victimes des essais nucléaires.

Une minute de silence, pour qu’il n’y ait plus jamais d’autres victimes de la bombe atomique.

Par cette minute de silence, nous exprimerons également solennellement notre détermination à lutter contre la menace permanente de la terreur nucléaire. Nous le faisons avec combativité et espoir car nous sommes convaincus que nous pouvons gagner ce combat.

SDN-TREGOR

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