Réponse de SDN à AREVA dans Ouest-France

Voici dans Ouest-France du 30/03/17 la réponse de Sortir du Nucléaire Trégor à AREVA telle qu’elle est parue dans Ouest-France. En-dessous, l’intégrale de notre réponse.

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Suite aux mesures de protection mises en place, à la demande de l’IRSN (Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire) et de Sortir du Nucléaire Trégor, à Buhulien, sur un site contaminé au radium et à l’arsenic, AREVA s’est exprimée et a tenté de remettre en cause les travaux de Sortir du Nucléaire Trégor. Sortir du Nucléaire se voit donc contraint de répondre à ces remises en cause.

1 – Selon AREVA il n’y aurait aucun lien entre l’ancienne mine d’uranium et le site contaminé au radium et à l’arsenic.

Cette affirmation est des plus surprenantes, car c’est AREVA elle-même qui indique dans le rapport qu’elle a réalisé en 2014 qu’un lien peut être établi entre l’ancienne mine et le site contaminé : « Ces eaux, en sortie de buse, semblent être en lien avec cette venue d’eau dans les travaux souterrains. » (P. 112 du rapport AREVA)

C’est précisément pour cette raison que l’IRSN et l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) ont demandé à AREVA de réaliser une étude visant à améliorer la connaissance du fonctionnement hydraulique des écoulements issus de l’ancienne mine.

C’est également l’une des revendications fortes de Sortir du Nucléaire aujourd’hui car, comme l’indique le rapport de l’IRSN, tant qu’on ne connaîtra pas précisément la liaison « mine – site contaminé », il sera impossible d’apporter une solution pérenne à la pollution du site.

Sommée par l’ASN et l’IRSN de mener des investigations, AREVA a effectivement sollicité le cabinet d’études IGC. Sortir du Nucléaire a alors repéré le chantier de l’ intervention et en a informé la Mairie. Et c’est à notre demande que la Mairie a procédé à une sécurisation de ce chantier. Nous avons alors alerté les autorités concernées pour savoir si les techniciens d’IGC avaient été informés des risques encourus pour leur santé compte tenu de la radioactivité du site. A ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse…

Tout comme le demande le rapport de l’IRSN, SDN-Trégor exige donc toujours que la lumière soit faite sur cette liaison cruciale « site pollué et ancienne mine d’uranium ». Et si l’étude IGC apporte des éléments de réponse, nous demandons à AREVA de rendre publique cette étude.

La seule chose que l’on puisse affirmer aujourd’hui, c’est que c’est uniquement grâce à l’obstination de SDN-Trégor que la pollution au radium et à l’arsenic a été clairement mise en évidence et que le site est aujourd’hui en cours de sécurisation.

2 – Selon AREVA, les stériles miniers ont tous été utilisés pour reboucher la mine.

Pour Sortir du Nucléaire Trégor cette affirmation est également étonnante, puisque AREVA elle-même a bien répertorié dans sa propre documentation officielle l’existence d’un stérile minier sur le site de Traou Ru.

Par ailleurs, aucun document n’indique qu’une partie des stériles n’a pas été utilisée à d’autres fins comme cela est avéré dans pratiquement toutes les anciennes mines d’uranium : soubassement de parking ici, parcours de santé ailleurs dans le Limousin, allée de jeu de boules dans le Morbihan… Tous émetteurs d’une radioactivité anormalement élevée et tous découverts par des associations comme Sortir du Nucléaire Trégor !… Et non pas par AREVA qui a pourtant pour obligation d’assurer la décontamination de ces sites.

Enfin, laisser entendre que ces stériles ne sont pas dangereux est une véritable contre-vérité. N’est-ce pas justement parce que ces sous-produits de la mine d’uranium sont dangereux que l’on vient tout juste de relancer un site de stockage spécialisé pour stériles miniers à Persquen dans le Morbihan ? Persquen est en effet le seul site de stockage des « stériles miniers » radioactifs en Bretagne, et en 2017 AREVA doit justement y réaliser de nouveaux travaux afin d’augmenter sa capacité de stockage !… N’est-ce pas précisément parce qu’il s’agit d’éléments dangereux qu’il est interdit de les utiliser dans le domaine public depuis 2002 comme le précise d’ailleurs AREVA elle-même dans son communiqué ?… N’est-ce pas également pour cette raison que l’IRSN préconise le retrait pur et simple de matériaux sur le site même de l’ancienne mine de Buhulien ?…

3 – SDN-TREGOR est engagée dans une démarche de santé publique et de protection des populations.

Pour SDN-Trégor l’élément le plus pénible de la déclaration d’AREVA, réside dans sa conclusion. Parlant de « sensationnalisme », AREVA tente de discréditer notre association. Faut-il rappeler ici les centaines d’heures passées par les bénévoles à arpenter non seulement le site de Buhulien mais aussi ceux de Pluzunet, Bégard et Belle-Isle en Terre où se trouvent d’autres anciennes mines d’uranium qu’AREVA n’a toujours pas sécurisées. Tout ce temps passé à rencontrer les élus, à participer à des réunions officielles à la Préfecture, à déchiffrer les rapports de l’IRSN, de la DREAL, du BRGM et même ceux d’AREVA… Et surtout, le temps passé à faire des propositions qui se veulent toujours constructives.

Si AREVA avait assumé correctement le suivi et la réhabilitation de ces sites qui ont plus de 60 ans aujourd’hui, nous n’en serions pas là !…

Nous savons bien qu’AREVA est en situation de faillite. Mais SDN-Trégor n’y est pour rien…

Quoi qu’il en soit, au-delà de son combat pour une sortie définitive du nucléaire, source de multiples pollutions comme nous le montre ce dossier, Sortir du Nucléaire Trégor poursuivra son combat pour que soient enfin sécurisés une bonne fois pour toutes l’ensemble des anciennes mines d’uranium du Trégor. Qu’AREVA assume enfin ses responsabilités et que nos enfants puissent pleinement profiter de la nature, sans risque pour leur santé.

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