Nucléaire. En quête du soutien des politiques – Le Télégramme Guingamp

L’association Sortir du Nucléaire Trégor veut sensibiliser les parlementaires trégorrois sur les dangers du nucléaire. Des anciennes mines d’uranium costarmoricaines à l’EPR de Flamanville, l’association aimerait bien obtenir le soutien des politiques dans son combat.

Dominique, Éliane et Laurent lors de la conférence de presse à Guingamp.

Au fond de ce bois, il vaut mieux éviter de pique-niquer à proximité de ce trou. Pourquoi avoir peur de cette galerie ouverte à Locmaria, sur la commune de Belle-Isle-enTerre ? Ce vestige du passé minier uranifère costarmoricain pose encore problème aujourd’hui. L’uranium du passé s’y mesure toujours. À chaque fois que l’association Sortir du Nucléaire Trégor y a sorti son compteur Geiger, il s’est affolé. C’est un peu le même cas de figure à Rosmeur, dans les bois de Pluzunet. Les mesures réalisées sur place, près de l’entrée d’une galerie équipée d’une grille, sont sans appel : 20 à 30 fois le bruit de fond naturel. Dans les Côtes-d’Armor, quelque 11 mines d’uranium ont été exploitées de 1957 à 1961. Aujourd’hui, ces sites sont laissés à l’abandon. Ils ne sont pas sécurisés, ni indiqués. L’association lannionnaise Sortir du Nucléaire Trégor a découvert cette réalité il y a 4 ou 5 ans.

« Les deux ont été surpris »


L’année dernière, elle a obtenu qu’une parcelle contaminée à l’arsenic et au radium soit clôturée sur la commune de Lannion. Cette association vient de frapper à la porte du sénateur Yannick Botrel, le 20 novembre, et du député Yannick Kerlogot, le 6 novembre, pour les alerter sur ce dossier et leur faire part de l’urgence de dépolluer ces anciennes mines d’uranium du Trégor : Vieux-Marché, Pluzunet, Bégard, Belle-Isle-en-Terre… « Nous leur avons demandé d’intervenir pour que le gouvernement définisse enfin un plan d’action vraiment volontaire pour la dépollution de toutes les anciennes mines d’uranium. Nous avons particulièrement insisté sur la nécessité de doter ce plan d’action d’un calendrier », explique Laurent Lintanf, le président de Sortir du Nucléaire Trégor. « Les deux ont été surpris de ce qu’ils ont appris », ajoute-t-il.

Au-delà de la surprise, ils ont apparemment bien pris l’urgence de ce dossier. « On est plutôt satisfaits », poursuit Laurent Lintanf. Yannick Kerlogot leur a annoncé qu’il allait travailler avec les élus des communes concernées, en lien avec les différents services de l’État. Fin janvier, il a prévu de revoir cette association pour faire le point. Yannick Botrel a déjà envoyé un courrier à la sous-préfète de Lannion. « Il prévoit de se rapprocher de la préfecture et de la sous-préfecture, avant de contacter les ministères de tutelles ». Pour sa tournée des parlementaires trégorrois, l’association lannionnaise a évoqué deux autres dossiers avec Yannick Botrel et Yannick Kerlogot : « Le démarrage de l’EPR de Flamanville dont la cuve est défectueuse » et la signature du tout nouveau traité d’interdiction des armes nucléaires que la France ne veut toujours pas signer.

« Sensibles à la menace »


« Nous leur avons demandé d’intervenir pour que le gouvernement refuse d’accorder une dérogation à cette cuve défectueuse », explique Laurent Lintanf évoquant Flamanville. Le gouvernement pourrait trancher sur ce dossier à la fin décembre. « On est satisfaits. Ils ont accepté de relayer notre demande ». Pour le traité d’interdiction des armes nucléaires, l’association reste « sur sa faim » quand à la position des deux élus. S’ils se sont déclarés « sensibles à la menace que constitue le nucléaire militaire », ils n’ont pas voulu se prononcer sur cette question. « J’espère qu’ils vont évoluer », conclut Laurent Lintanf.

À noter
Le 12 décembre, à 20 h 30, l’association Sortir du Nucléaire Trégor prolongera le débat sur les armes nucléaires lors d’une soirée organisée à l’espace Sainte-Anne, à Lannion. Elle sera animée par Dominique Lalanne, représentant de l’Ican France.

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