La France doit signer

Oui, la France doit absolument signer le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté l’an dernier par l’ONU. C’est ce qu’a rappelé SDN-TREGOR à l’occasion de la commémoration des catastrophes de HIROSHIMA & NAGASAKI lundi 6 août devant la mairie de Lannion.

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Le texte de l’intervention :

Il y a tout juste un an, l’ONU adoptait un nouveau Traité : le Traité International d’interdiction des Armes Nucléaires. Ce fut un long combat, mené entre autres par le collectif ICAN, Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires, qui, pour cette raison, obtint le Prix Nobel de la Paix 2017.

En effet, contrairement aux armes chimiques et bactériologiques, jusqu’à ce jour, l’arme nucléaire était la seule arme de destruction massive, qui n’était pas officiellement interdite.

Hélas, après avoir refusé de participer aux négociations qui ont permis ce nouveau Traité, et après avoir tout fait pour le faire capoter, la France refuse toujours de le signer.

Or les armes des États nucléaires menacent les peuples du monde entier, y compris leur propre population, qui n’a pourtant jamais été consultée sur le sujet. Et c’est particulièrement le cas en France, où sévit l’omerta nucléaire.

Pourtant, rien qu’en France, plus de 300 milliards d’euros ont déjà été dépensés et continuent de l’être à nos frais, pour fabriquer, entretenir et moderniser ces armes de suicide collectif.

En effet, chaque année, la France dépense 4 milliards d’euros pour cette arme nucléaire, et prévoit même une augmentation, qui nous fera passer à 6 milliards d’euros annuels pour une arme de destruction massive, de massacre, de crime contre l’humanité.

Une arme, dont l’efficacité n’a jamais été prouvée en quoi que ce soit, mais dont l’extrême dangerosité est bel et bien avérée.

Une arme, totalement inefficace par exemple, pour lutter contre le terrorisme et qui emprunte d’ailleurs au terrorisme, le même mépris pour la vie humaine. Ne parle-t-on pas d’ailleurs de « terreur nucléaire » ?…

Oui, cette arme nucléaire menace d’anéantir des millions de personnes, d’anéantir des populations entières, et l’humanité elle-même, car une guerre nucléaire rendrait la terre invivable.

Et c’est d’ailleurs très précisément pour cette raison que la Croix Rouge Internationale invite tous les États à signer le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires.

La Croix Rouge qui tout récemment encore déclarait :

– « Les conséquences catastrophiques sur le plan humanitaire des armes nucléaires ne peuvent être limitées dans le temps et dans l’espace. Dans les mois et les années suivant le déclenchement d’une telle arme, les effets de l’irradiation, les cancers et d’autres maladies feraient davantage de victimes que l’explosion elle-même.

– Il n’existe pas à ce jour de plan international ni de capacités suffisantes pour fournir une assistance humanitaire adéquate en cas d’emploi d’armes nucléaires. »

Mais il n’est pas possible de parler du combat pour l’interdiction et l’élimination des armes nucléaires, sans avoir une pensée pour toutes celles et toux ceux qui en ont déjà été victimes. Et bien entendu, spontanément notre esprit se tourne vers les victimes de HIROSHIMA et de NAGASAKI.

Et ce n’est pas par hasard bien entendu, si nous avons choisi ce lundi 6 août pour nous réunir, alors même que nous savons que la mobilisation militante est particulièrement difficile au cœur de l’été.

Nous avons choisi ce lundi 6 août, tout simplement parce qu’il correspond à la date anniversaire de la destruction de Hiroshima, le 6 août 1945.

Contrairement à ce que l’on entend bien souvent dire, les destructions de HIROSHIMA qui a donc eu lieu le 6 août, et celle de NAGASAKI, qui a eu lieu 3 jours après, soit le 9 août 1945, n’étaient pas indispensables pour aboutir à la paix avec le Japon.

Elles ne constituaient en aucun cas un soi disant « mal nécessaire ».

HIROSHIMA et NAGASAKI ont avant tout été utilisées par les États Unis pour marquer leur suprématie mondiale, et pour tester sur des population humaines, les deux types de bombes atomiques qu’ils venaient de mettre au point : la Bombe à l’uranium pour HIROSHIMA, la Bombe au plutonium pour NAGASAKI.

Le musée du mémorial pour la paix, avance le nombre de 140 000 morts, rien que pour la seule ville d’Hiroshima. Mais selon l’historien Howard Zinn, le nombre de victimes atteint serait en fait de 250 000 personnes.

A NAGASAKI, ce sont 80 000 habitants qui seront victimes de cette arme barbare.

De son côté, à l’occasion de ces commémorations, Sortir du Nucléaire tient à rappeler aussi les autres victimes du nucléaire militaire, que sont les victimes des essais nucléaires.

Et la France est ici directement concernée. En effet, aujourd’hui encore, nombreuses sont les victimes des essais nucléaires français qui se battent toujours pour être officiellement reconnues et indemnisées. C’est la cas d’anciens militaires qui ont été exposés aux radiations à leur insu, mais aussi des populations locales, qui ont été exposées aux tirs des essais français, que ce soit en Algérie ou dans le Pacifique.

En Algérie, de nombreuses études montrent que les populations de Reggane et d’In Ekker à Tamanrasset souffrent toujurs des effets de ces essais qui ont coûté la vie à des milliers de personnes et engendré des maladies graves.

Dans le Pacifique, des débris toxiques et radioactifs (métaux lourds, plutonium…) contaminent toujours durablement les sols et menacent la population. Aux milliers d’habitants et travailleurs irradiés pendant les essais, il faut ajouter les déficits de naissance, de malformations congénitales et d’infirmités, que subissent toujours un nombre non négligeable d’enfants polynésiens.

C’est pourquoi, de manière symbolique, nous vous invitons maintenant à respecter une minute de silence, en hommage, non seulement aux victimes de HIROSHIMA et de NAGASAKI, mais aussi en hommage, à toutes les victimes des essais nucléaires.

Par cette minute de silence, nous exprimerons également solennellement notre détermination, à lutter contre la menace permanente de la terreur nucléaire, à lutter pour qu’il n’y ait plus jamais, d’autres victimes de la bombe atomique.. Nous le faisons avec combativité et espoir, car nous sommes convaincus qu’un jour, nous gagnerons ce combat.

MINUTE SILENCE

Pour terminer, nous ne pouvons qu’inviter celles et ceux qui en ont la possibilité, à participer au jeûne symbolique qui est organisé chaque année du 6 au 9 août, autrement dit, à partir d’aujourd’hui, à Crozon sur la presqu’île de l’Île Longue dans le Finistère, face à la base de sous-marins nucléaires, non seulement pour commémorer les catastrophes de Hiroshima et Nagasaki mais aussi, bien entendu, pour demander à la France de signer enfin le Traité International d’Interdiction des Armes Nucléaires.

Enfin, que celles et ceux d’entre nous, qui ne disposent pas encore de leur badge ou de leur autocollant, « Abolition des Armes Nucléaires », n’hésitent pas à se le procurer ici-même !

Qu’ils n’hésitent pas non plus, à se procurer la plaquette qui détaille clairement pourquoi il nous faut absolument sortir de la soi-disant dissuasion nucléaire.

SDN-TREGOR 06-86-22-58-88 sdn-tregor@laposte.net

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