Ni 6, ni 5, ni 4, ni 3, ni 2, ni 1… EPR !…

C’est pas moins d’une soixantaine de personnes qui se sont retrouvées vendredi 7 septembre pour dénoncer la cynique annonce de 6 nouveaux EPR pour la France. Le Député a été interpellé par le biais d’une Lettre Ouverte et les participants n’ont pas hésité à s’allonger au sol pour rappeler les dangers majeurs du nucléaire.

Devant la permanence du Député. (Photo Le Télégramme)

Tous allongés pour le « die-in » (Photo Ouest-France)

« Die-in » Action non-violente de « mort virtuelle » (Photo Le Trégor)

La Lettre Ouverte au Député :

Monsieur le Député,

le 10 Novembre 2017, Sortir du Nucléaire Trégor a eu l’occasion de vous rencontrer à votre permanence. Parmi les points évoqués figurait le problème de la cuve ratée de l’EPR de Flamanville. Nous voulions alors savoir si vous étiez favorable ou non au fait que le gouvernement puisse accorder une dérogation à cette dangereuse cuve qui ne correspond pas aux normes.

Vous nous avez alors clairement déclaré que, si en tant que Député, vous aviez votre mot à dire à ce sujet, votre réponse serait des plus claires : vous diriez « non » à cette demande de dérogation.

Et au-delà de votre opposition, à la mise en fonctionnement de cette cuve ratée, vous avez usé d’une comparaison que nous n’avons pas oubliée.

Vous nous avez en effet déclaré que, pour vous, l’affaire de la cuve de l’EPR de Flamanville, c’était ni plus ni moins, la même affaire que celle du naufrage du Titanic.

Et pour bien vous faire comprendre, vous nous avez alors précisé ceci.

Certes, le Titanic a bien heurté un iceberg. Mais on omet de dire que si sa coque a cédé sous le choc, c’est parce que le cahier des charges de la fabrication de cette coque, n’avait pas été respecté. En effet, pour des raisons économiques et d’importants enjeux financiers, la grande partie des milliers de rivets de cette coque avait été fabriquée dans un alliage moins coûteux que celui qui était prévu par le cahier des charges. Un alliage moins coûteux, mais du même coup, un alliage beaucoup plus fragile…

Or c’est précisément le même type de reproches que l’on peut formuler à l’encontre de la cuve de l’EPR aujourd’hui :

contraintes économiques liées à des enjeux financiers énormes

– cahier des charges non respecté

– alliage des aciers plus fragile que celui prévu initialement.

Que ce soit dans le cas du Titanic ou dans celui de l’EPR de Flamanville, force est de constater que l’industrie nucléaire n’hésite donc pas à faire passer les considérations d’ordre économique avant la sécurité des personnes… Et chacun sait, bien sûr, ce qu’il en advint du Titanic…

Aujourd’hui, Monsieur le Député, si nous vous interpellons à nouveau par le biais de cette Lettre Ouverte, c’est pour vous exprimer notre extrème inquiétude suite à la toute récente annonce de la proposition de construction de 6 nouveaux EPR en France. Une annonce que les militants antinucléaires que nous sommes, n’ont pu que qualifier d’incroyable, d’incroyable et de cynique.

Comment oser en effet, laisser entendre que l’on pourrait envisager la construction de 6 nouveaux EPR, alors même que l’on n’a toujours pas été capable d’en construire un seul en France et que celui qui est en construction à Flamanville, est toujours loin d’être en état de fonctionnement, que de graves et inquiétants défauts nous sont régulièrement révélés et que son coût initial a plus que triplé ; passant de 3 milliards d’euros à au moins 11 milliards aujourd’hui.

11 milliards d’euros Monsieur le Député, que n’aurait-on pu faire avec ces 11 milliards d’euros, si dès le départ on les avait investis dans les économies d’énergies et les énergies renouvelables…

Comment oser laisser entendre par ailleurs, que l’on pourrait envisager la construction de 6 nouveaux EPR, alors même que la question qui se pose au gouvernement aujourd’hui, n’est pas de savoir combien de nouvelles centrales nucléaires il faut construire, mais bien au contraire, la question qui se pose au gouvernement aujourd’hui, c’est de savoir combien de centrales nucléaires il prévoit de fermer !

Et la réponse à cette question, nous l’attendons toujours, et craignons de devoir l’attendre encore bien longtemps, puisque le gouvernement n’a pas hésité à annoncer le 7 novembre dernier, que la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français était reportée à une date inconnue.

Autrement dit, aucun signe de volonté de baisser cette part du nucléaire puisque, par ailleurs, de manière étonnante, la fermeture de la vieille centrale de Fessenheim est elle-même conditionnée, aujourd’hui, à la mise en fonctionnement du fameux EPR de Flamanville. Or, si on ferme d’un côté, pour ouvrir de l’autre, cela ne fera toujours pas baisser la part du nucléaire en France.

Oui Monsieur le Député, nous sommes plus qu’inquiets aujourd’hui.

Nous constatons en effet que le lobby du nucléaire est plus que jamais à la manœuvre quand on voit que le rapport qui suggère la construction de 6 nouveaux EPR a en fait été rédigé par deux personnes qui appartiennent à la fois au lobby du nucléaire civil et au lobby du nucléaire militaire.

Nous sommes également inquiets Monsieur le Député, quand nous entendons la réaction de M.LE MAIRE, Ministre de l’Économie, qui aussitôt après l’annonce de ce rapport, n’hésite pas à déclarer que « Le nucléaire est un atout pour la France (…) »

« un atout pour la France » alors même que cette industrie est en crise majeure depuis des années et qu’EDF est endettée jusqu’au cou.

Quand nous entendons également ce même Ministre, prétendre dans la même intervention, que « le nucléaire est d’un coût compétitif » alors même que son coût, qui ne cesse d’augmenter est déjà plus cher que l’éolien, et ceci, sans que soient réellement pris en compte, et le coût du démantèlement des centrales, et le coût de la gestion, à très long terme, des déchets nucléaires.

Alors, comment ne pas être d’accord avec Nicolas Hulot qui, le jour de sa démission dénonçait le pouvoir des lobbies et déclarait : « Le nucléaire, cette folie inutile, économiquement et techniquement, dans laquelle on s’entête » 

« folie inutile » C’est mot pour mot, le message que porte Sortir du Nucléaire Trégor depuis 7 ans maintenant, en ne cessant notamment d’affirmer qu’entre nucléaire et transition écologique il faut choisir.

Oui, il faut en effet arrêter de mentir à la population, en lui faisant croire que l’on peut, à la fois, lui promettre et du nucléaire et du renouvelable.

Oui Monsieur le Député, comme le disait Nicolas Hulot, « arrêtons de nous mentir » ; il n’y aura jamais de politique ambitieuse, en matière d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables en France, tant que le gouvernement persistera à engloutir des milliards d’euros dans l’énergie nucléaire.

Et si aujourd’hui, comparativement aux autres pays européens, la France est en retard en matière d’énergies renouvelables, c’est précisément à cause du choix qu’elle a fait, pendant des décennies, de privilégier le nucléaire, au détriment du renouvelable.

Or malgré cela, Monsieur le Député, en 2017 les émissions de CO2 ont encore augmenté en France : +3,2 % pour la France, alors que dans le même temps ces émissions de CO2 baissaient de 0,2 % en Allemagne et qu’en Grande Bretagne, elles baissaient même de 3,2 %.

Alors, de grâce, qu’on nous épargne le classique discours, qui consiste à prétendre que le nucléaire serait la solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

La solution, les antinucléaires ne cessent de la rappeler depuis des décennies, elle passe par une ambitieuse politique d’économies d’énergies et de promotion de l’ensemble des énergies renouvelables.

Oui, il nous faut sortir une bonne fois pour toutes, de la double menace, que constituent et le nucléaire et le dérèglement climatique ; tel doit être, Monsieur le député, l’objectif clair et précis de l’ambitieuse Transition Écologique que nous appelons de nos vœux.

Depuis des années, nous ne cessons de le clamer : « Ni nucléaire, ni effet de serre ; non, le nucléaire ne sauvera pas le climat !… »

C’est pourquoi Monsieur le Député, nous nous permettons de vous solliciter une nouvelle fois aujourd’hui.

Quand nous vous avons alerté en Novembre dernier, sur le danger que constitue la cuve ratée de l’EPR de Flamanville, vous avez su faire écho à nos inquiétudes en acceptant de cosigner avec deux de vos collègues, les Députés de Morlaix et de Guingamp, un courrier que vous avez directement adressé au 1er Ministre lui-même.

Aujourd’hui, nous vous demandons Monsieur le Député, de vous faire à nouveau l’écho de notre forte inquiétude, suite à cette annonce incroyable de la possible construction de 6 nouveaux EPR pour la France.

Nous vous demandons très précisément d’interpeller, dès aujourd’hui, le gouvernement quant à son positionnement par rapport à cette annonce de 6 nouveaux EPR, autrement dit, cet incroyable scénario de ce que l’on doit appeler, une nouvelle fuite en avant dans l’impasse nucléaire.

Oui, c’est dès maintenant qu’il faut réagir, au risque de laisser ces délirants projets, imprégner l’esprit de nos décideurs.

Ni 6, ni 5, ni 4, ni 3, ni 2, ni 1 EPR… Soyez bien convaincu, Monsieur le Député, que ces EPR mortifères, jamais nous ne les laisserons faire.

 

DIE-IN «  Mort virtuelle… »

Texte lu avant et durant le die-in :

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Mais le nucléaire, civil ou militaire,

c’est cette épée de Damoclès, qui pèse en permanence, et de plus en plus lourd, au-dessus de nos têtes

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Mais comme l’a dit en 2016, le Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire lui-même, 30 ans jour pour jour après la catastrophe de Tchernobyl « Non, un accident nucléaire majeur, ne peut être exclu, nulle part »

L’accident nucléaire ? C’est ce qu’une société peut redouter de pire

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Mais l’accident nucléaire, c’est un risque majeur de mort, pour des milliers de personnes…

Alors, pour symboliser toutes ces morts potentielles, que, sans relâche nous tentons d’éviter, en luttant pour la sortie du nucléaire, civil et militaire, au lancement de la SIRÈNE, nous vous invitons à vous allonger à même le sol !

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Civil ou Militaire, le nucléaire est mortifère

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Tchernobyl, plus de 800 000 liquidateurs,

50 000 de ces liquidateurs sont morts très rapidement, 200 000 sont invalides ou handicapés.

Nagasaki, 40 000 morts

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Tchernobyl, des milliers d’hectares contaminés

Hiroshima, 250 000 victimes, des milliers de malades

Demi vie du plutonium : 24 000 ans

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Des millions de personnes ont été exposées aux retombées radioactives de Tchernobyl. Oui, des millions de personnes.

A Fukushima : 160 000 personnes ont été déplacées, des milliers d’hectares contaminés, et les premiers cas de cancers viennent tout juste d’être « officiellement » reconnus.

« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

Demi vie du neptunium 2 millions d’années.

En Biélorussie, aujourd’hui, Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent toujours sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Demi vie de l’uranium 238, 4,5 milliards d’années…

Mais…« Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien, Jusqu’ici tout va bien… »

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