Uranium des années 80. Le noyau dur était local © Le Télégramme

Les documents d’époque (1980-1984 témoignent encore du combat qui a opposé les Tonquédois aux recherches d’uranium menées par une filiale de la COGEMA

Si les seize sites tonquédois de recherche d’uranium recensés par le collectif trégorrois Sortir du nucléaire n’ont plus de témoins directs, il n’en est pas de même des prospections menées par la société Simura, entre 1982 et 1984, dans le secteur de Hamoulou-Kerguiniou, en bordure du Léguer.

Fin janvier, le collectif Sortir du nucléaire Trégor informait les mairies trégorroises de sa volonté d’obtenir de la part de la sous-préfète et de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), une réunion sur les conséquences éventuelles des anciennes recherches minières sur la qualité des sols et de l’eau. « Ces recherches concernent au moins seize communes trégorroises entre 1950-1960 », indique le collectif. À Tonquédec, leur souvenir, vieux de 60 ans, s’est perdu. En revanche, des riverains peuvent encore discerner les accès aménagés dans les sous-bois en 1983-1984 par la filiale de la Cogema.

Une vive opposition

À l’époque, des opposants tonquédois à l’extraction du minerai d’uranium avaient créé un comité de défense. Son influence avait été considérable : 400 personnes avaient participé à la première Fête anti-uranium du Trégor, en décembre 1983. Neuf comités de défense couvrant un territoire allant de Glomel à Lannion, en passant par Belle-Isle-en-Terre et Loguivy-Plougras s’y étaient associés.

Un argument électoral

Le projet minier de l’époque, porté par la Simura, publié au Journal officiel, le 26 mars 1982, couvrait une superficie de 66 ha. Coïncidant avec une élection municipale, ce permis avait soulevé les prises de position des partis politiques. Tandis que l’Union démocratique bretonne se montrait rétive à une activité minière pouvant gêner le développement agricole, la section lannionnaise du Parti communiste ne voulait pas laisser échapper une source d’emploi.

Entre 2012 et 2015, l’État a fait procéder à des contrôles sur les résidus éventuels générés par les forages à cette époque. Les conclusions se veulent globalement rassurantes, même si des zones humides de la vallée du Léguer conservent des traces non négligeables de radon et d’arsenic, comme à Coz Ty Tano, en Vieux-Marché.

Le sujet des recherches minières en Bretagne continue à susciter l’opposition de Douar Didoull qui maintient son recours administratif pour annuler le permis dit de Loc-Envel, pourtant annulé par le gouvernement.

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