Côtes-d’Armor. Après la crise sanitaire, ils veulent envisager le risque nucléaire. OF 04/05/21

​La pénurie de masques au début de la pandémie a interpellé les anti-nucléaires : en cas de catastrophe radioactive, les Costarmoricains auraient-ils de quoi se protéger avec des pastilles d’iode ? Il s’avère que les Côtes-d’Armor en compteraient un stock, comme tous les départements français.

photo la manche libre

Pas franchement de nature à les rassurer, la pénurie de masques vécue au début de la pandémie de Covid-19 a incité les militants du collectif trégorrois (Côtes-d’Armor) Sortir du Nucléaire (SDN) à envisager encore plus concrètement le risque nucléaire. Et à faire un parallèle « avec l’absence totale d’informations concernant la distribution de pastilles d’iode prévues en cas de catastrophe nucléaire. Or l’information, n’est-ce pas la première étape d’une vraie culture du risque ? »

« 600 000 pastilles d’iode dans les Côtes-d’Armor »

Ses militants ont donc décidé d’interpeller plusieurs maires des Côtes-d’Armor, « puisqu’en cas de contamination radioactive, ils seraient à nouveau en première ligne ». Les invitant notamment à vérifier l’existence à Saint-Brieuc d’« un stock de 600 000 pastilles d’iode » destinées aux Costarmoricains pour se prémunir d’une contamination radioactive. « Nous en avions entendu parler mais les élus, visiblement pas… » relève Laurent Lintanf, de SDN.

Plusieurs de ces élus ont donc cherché à en savoir plus, « en vain ». Mais l’un d’eux, maire à Saint-Quay-Perros, près de Lannion, indique quant à lui avoir eu confirmation auprès de la préfecture (1) de l’existence de ce stock entrant dans le plan Orsec iode, « sans que nos mairies n’aient jamais reçu la moindre information à ce sujet avant », s’en étonne cet élu, perplexe face à l’inconnue des modalités de distribution.

Envisager le scénario du pire

« Cette question se pose d’autant plus que la fameuse pastille d’iode doit être administrée au moins deux heures avant l’arrivée d’un nuage radioactif », précise Laurent Lintanf.

Pure science-fiction, tout ça ? Pas aux yeux de l’association, pour laquelle le scénario du pire se doit d’être envisagé : « Cette catastrophe pourrait provenir, entre autres, du complexe nucléaire de la Hague, là ou sont stockées, sous de ​simples tôles métalliques, près de 10 000 tonnes de combustible radioactif… »

Un risque majeur permanent

Pour Sortir du nucléaire, « ces stocks de pastilles d’iode présents dans chaque département prouvent que l’État a bien conscience qu’une catastrophe nucléaire peut avoir lieu à tout moment. Le nucléaire est un risque majeur permanent ».


(1) Contactée, elle nous a indiqué ne pas avoir l’information.

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